IV, 1 – Le génocide des Arméniens : histoire, mémoires et politique

4 séances de 2 heures, le jeudi à 17h
Du 5 au 26 mars 2026

Ce cours est disponible en replay. Votre inscription vous donne accès aux captations vidéos des séances et aux documents à télécharger.

Par Boris ADJEMIAN, historien et chercheur au Centre de recherches historiques (CRH) de l’EHESS

40,00 

Après un rappel de la situation des Arméniens dans l’Empire ottoman avant la Grande Guerre, ce cours met en perspective la montée des violences de masse qui les visent jusqu’au génocide de 1915-1916 et entraînent leur quasi-disparition de l’Asie Mineure, parachevée par les nationalistes turcs entre 1919 et 1923. Nous tâcherons de sortir des grands récits généraux du génocide pour tenter de retrouver les individus, la diversité des expériences et des cas de figure, en nous intéressant notamment aux relations entre « victimes » et bourreaux ». Nous verrons que l’après-guerre est marquée par d’importants efforts de collectes et de publications de témoignages dans une optique judiciaire et de réparation, mais aussi à la source des premiers savoirs sur le génocide. Nous étudierons enfin l’évolution des mémoires du génocide de la deuxième moitié du 20e siècle à nos jours, et tenterons d’expliquer les enjeux de sa reconnaissance au plan international dans le contexte du négationnisme officiel de la Turquie.

SÉANCE 1 : Le contexte et les grandes phases du génocide
Après un rappel de la situation des Arméniens dans l’Empire ottoman avant la Grande Guerre, cette première séance mettra en rapport la montée des nationalismes et celle des violences de masse visant les Arméniens depuis le dernier tiers du 19e siècle jusqu’au génocide. Les déportations et les massacres de 1915-1916 entraînent la quasi-disparition des Arméniens de l’Asie Mineure, jusqu’au parachèvement de cette destruction par les nationalistes turcs entre 1919 et 1923.

SÉANCE 2 : “Victimes” et “bourreaux”, sortir du grand récit pour retrouver les individus
Une fois les cadres généraux posés, il importe de sortir des grands récits interprétatifs globaux du génocide des Arméniens pour aller au plus près du terrain et, si possible, retrouver les individus à travers la diversité de leurs expériences, de leurs situations et de leurs actes. Cette séance s’intéressera particulièrement aux interrelations nouées au sein des convois de déportés et des camps, aux stratégies de survie, à l’agentivité des « victimes » de la persécution face à leurs « bourreaux » (gendarmes, fonctionnaires, membres de l’Organisation spéciale…), en tâchant de complexifier ces catégories. Nous nous intéresserons plus particulièrement au sort des femmes et des enfants pendant le génocide et au sortir de la guerre.

SÉANCE 3 : Documenter le génocide : témoignage, justice, histoire
L’histoire de ce génocide et de ses lendemains est également marquée par d’importants efforts de collectes et de publications de témoignages. Ceci alors que les contemporains, en Europe comme dans l’Empire ottoman, ont une conscience aigüe de l’ampleur inédite des crimes commis contre les Arméniens. Nous nous interrogerons sur les acteurs et les motivations de ces collectes, ainsi que sur leur finalité, dans une sortie de guerre où la perspective de procès et de réparations politiques était à l’ordre du jour. Nous verrons comment ces collectes de témoignages ont été à la source des premiers savoirs sur le génocide, dans une perspective comparable à celles observées en milieu juif à la même époque et de nouveau après 1945, et comment elles ont produit une étape décisive dans notre compréhension actuelle de la destruction des Arméniens de l’Empire ottoman.

SÉANCE 4 : Nommer ou nier le génocide : les enjeux de la reconnaissance
La dernière partie de ce cours se concentrera sur les aspects plus contemporains du génocide des Arméniens. Nous retracerons l’évolution de la mémoire de cet événement dans la deuxième moitié du 20e siècle, avec sa politisation croissante. Nous tâcherons de comprendre pourquoi l’exigence de reconnaissance de ce génocide est devenue un enjeu essentiel, parallèlement au renforcement et à la systématisation d’un négationnisme turc institutionnel. Cette question nous amènera à étudier l’état de la reconnaissance publique du génocide des Arméniens dans divers pays et au plan international, les variations entre mémoires publiques et mémoires privées du génocide, en Turquie, en Arménie et ailleurs, et à nous interroger sur l’enjeu crucial de la qualification du crime, plus d’un siècle après sa perpétration.

Cours en ligne

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Replay

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